Boutique

Boutique Dernier numéro Anciens numéros Hors-séries Livres Abonnement

S’abonner

Recevoir Patrimoine Normand

Recevoir le magazine et soutenir une revue patrimoniale indépendante.

S’abonner →

Les eaux se réchauffent,

le bulot souffre

Il était abondant et faisait la fortune de nombreux bateaux normands. Aujourd’hui, la ressource en bulot périclite. En cause, la hausse de la température de l’eau. Les pêcheurs ont beau prendre de multiples mesures de protection, le gastéropode meurt d’épuisement. Et, avec lui, une des images les plus réputées de la pêche normande.

Le bulot est un gastéropode sexué et carnivore.

Le bulot est un gastéropode sexué et carnivore. (© Jean-François Mallet – NFM)

Par
Partager :

En valeur, le bulot, c’est la deuxième espèce pêchée en Normandie », lance Dimitri Rogoff, ­président du Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins (CRPMEM). « Mais le bulot accuse le choc », constate sans fard Arnauld Manner, directeur de Normandie Fraîcheur Mer (NFM), l’organisme de promotion des produits de la mer normands. « La question se pose : est-ce qu’on arrête ou pas de certifier le bulot de la baie de Granville ? » Depuis 2017 et 2019, ce bulot est certifié par des labels de pêche durable MSC et d’indication géographique protégée (IGP). Le premier atteste que les conditions de pêche respectent l’espèce et la ressource. Le second garantit que ce bulot vient bien de l’ouest du Cotentin et non pas d’Irlande, de Grande-Bretagne, voire d’Islande. Oui, mais voilà… Voilà que la température des eaux de la mer de la Manche s’élève, comme celle de tous les océans. Les sceptiques peuvent accuser la surpêche, la pêche des sous-tailles… Ils peuvent nier et dénigrer les scientifiques sur tous les plateaux de télévision, le bulot se fait plus rare sur les plateaux de fruits de mer à cause de la hausse des températures.

« Le réchauffement a commencé à partir de 1970. L’Ifremer a des suivis historiques », rappelle Dimitri Rogoff. « Plus un degré et demi en quarante ans », confirme Laurence Hégron-Macé, ingénieure responsable du pôle pêche maritime au Smel (Synergie mer et littoral), à Blainville-sur-Mer (Manche). C’est ce qui a été mesuré pendant l’été, à la surface de la mer. Or, le bulot est un mollusque adapté à des eaux froides.

Dimitri Rogoff, président du Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins (CRPMEM) de Normandie : « Le bulot n’est pas la seule espèce qui souffre du réchauffement des eaux. »

Dimitri Rogoff, président du Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins (CRPMEM) de Normandie : « Le bulot n’est pas la seule espèce qui souffre du réchauffement des eaux. » (© Philippe Simon)

« Canicule marine »

Phénomène plus qu’inquiétant : « Depuis 2014, en Manche occidentale, les vagues de chaleur apparaissent presque chaque année. Seules exceptions : 2015, 2021 et 2024 », liste Laurence Hégron-Macé. Par vague de chaleur, également appelée « canicule marine », on entend : température de la surface de l’eau plus élevée – pendant cinq jours consécutifs – que la quasi-totalité des moyennes relevées aux mêmes dates pendant les trente années précédentes. C’est un peu technique, mais le sens est clair. D’autant, remarque Arnauld Manner, « qu’en baie de Granville, le réchauffement se mesure sur toute la colonne d’eau », en surface comme au fond. Les thermomètres enregistreurs fixés sur les casiers en témoignent, sans risque d’erreur.

Il vous reste 81 % de l’article à lire.

Retrouvez cet article dans son intégralité

Cet article est paru dans Patrimoine Normand n°138. Retrouvez-le dans le numéro complet, disponible en version papier ou numérique.

Abonnement : en vous abonnant, vous recevrez les prochains numéros en version papier directement chez vous.

NOS DERNIÈRES PARUTIONS