La belle histoire d’Annette Poulard
La dame du Mont-Saint-Michel
En 1872, alors que le Mont-Saint-Michel sort d’un demi-siècle d’usage carcéral et que débute la restauration de son abbaye, une jeune servante nommée Annette Boutiaut découvre le célèbre rocher. Sa rencontre avec Victor Poulard et son extraordinaire sens de l’accueil vont bientôt contribuer à faire renaître la réputation du Mont et à donner naissance à l’une de ses plus célèbres légendes.
À gauche : Annette Poulard, la célèbre « Mère Poulard », préparant son emblématique omelette au feu de bois dans les cuisines de son auberge du Mont-Saint-Michel. À droite : vue actuelle du Mont-Saint-Michel, dont la renommée internationale doit beaucoup à celle qui accueillit, pendant plus d’un demi-siècle, voyageurs, artistes, écrivains et personnalités du monde entier. (Collection particulière / © Patrimoine Normand)
En 1872, le Mont-Saint-Michel retrouve ses lettres de noblesse, la fin d’un règne carcéral de cinquante années et la mise sous tutelle des monuments historiques.
Édouard Corroyer, architecte en chef des Monuments historiques, se voit confier la mission de restaurer l’abbaye du Mont-Saint-Michel. L’entreprise est considérable, car tout est à refaire. Pour étudier le monument, établir le plan de restauration et diriger les premiers travaux, M. Corroyer doit effectuer de fréquents et longs séjours au Mont. Il emmène avec lui sa femme, sa fille et sa servante, Annette Boutiaut.
C’est au cours de l’un de ces voyages d’étude qu’Annette Boutiaut rencontre un fort joli garçon du pays : Victor Poulard, fils aîné du boulanger.
Le charretier et l’attelage qui, à travers la baie, conduisaient ces quatre voyageurs vers le Mont-Saint-Michel ne pouvaient imaginer le rôle décisif que chacun allait jouer dans l’histoire du lieu.
Il leur faudrait toute une vie. Leurs noms, leurs actions et les circonstances de leur époque allaient se conjuguer pour former un destin aussi singulier qu’imprévisible, contribuant à faire rayonner aux quatre coins du monde ce Mont-Saint-Michel qui s’était peu à peu assoupi, oublié et terni.
Voici l’histoire où se croisent des personnages aussi fantasques que le marquis de Tombelaine, sorti tout droit d’un livre de légendes, et aussi illustres que Georges Clemenceau ou Léopold II. Tous ont aimé la « Mère Poulard ».
Voilà pourquoi, moi qui ai dirigé son hôtel et son restaurant, j’ai envie aujourd’hui de vous raconter son histoire… une histoire que seule la vie pouvait inventer.
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