Le carnaval de Granville :
un « Patrimoine immatériel »
Bien plus qu’une fête populaire, le carnaval de Granville est une tradition vivante qui rythme la vie de la cité depuis plus de 150 ans. Né à la fin du XIXᵉ siècle dans le sillage des campagnes de pêche à Terre-Neuve, il a traversé les épreuves du temps sans perdre son esprit festif ni son fort ancrage local. Inscrit depuis 2016 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, il illustre la vitalité d’un héritage transmis de génération en génération, où se mêlent créativité, convivialité et mémoire maritime.
Carnaval de Ganville. Les chars défilent en centre-ville, au milieu de la foule. (© Norbert Delaunay)
Avant de partir, aux alentours du 1er mars, vers les bancs glacés de Terre-Neuve, les marins y ont longtemps puisé le courage d’affronter cet inconnu lointain et périlleux dont ils n’étaient pas sûrs de revenir. Perdus dans la brume, là-bas, dans l’Atlantique Nord, entendaient-ils encore les échos joyeux du carnaval de Granville ?
La manifestation, dont la première édition remonte à 1872, avec un char dit « de la Charité » destiné à collecter des fonds pour les plus démunis, aurait pu disparaître en même temps que la pêche à Terre-Neuve dont elle est indissociable. D’autant que la Seconde Guerre mondiale allait interrompre les festivités pendant sept ans. Une pause qui aurait bien pu, elle aussi, lui être fatale.
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