Le savoir-faire de la dentelle au point d’Alençon

De fil en aiguille

Fruit de plusieurs siècles de tradition, le point d’Alençon est considéré comme l’un des plus remarquables savoir-faire de la dentelle à l’aiguille. Entièrement réalisé à la main, au prix d’une patience et d’une précision exceptionnelles, il est transmis de génération en génération par les dentellières de l’atelier conservatoire d’Alençon. Inscrit depuis 2010 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, ce savoir-faire unique témoigne de l’excellence artisanale française et de la volonté constante d’en préserver les gestes, les techniques et la mémoire.

Les dentellières assemblent de façon presque invisible des éléments de très petite taille;

Les dentellières assemblent de façon presque invisible des éléments de très petite taille. (Atelier National au Point d’Alençon © Service communication, ville d’Alençon, Olivier Héron)

Mis à jour le 26 juillet 2026 à 22:09

Au fond de leur atelier, elles sont sept et trois apprenties à perpétuer un savoir-faire qui produit de grandes choses avec de l’infiniment petit. Armées d’un simple fil de lin ou de coton, d’une aiguille et d’une infinie patience (il faut compter environ sept heures pour réaliser 1 cm2), les dentellières font à juste titre la fierté de la ville d’Alençon. Elles en sont même indissociables depuis cette lointaine année 1665 où Colbert, toujours soucieux du prestige commercial de la France, plaça la cité sous protection royale, afin d’y créer une manufacture imitant le célèbre point de Venise. Des générations de jeunes filles y ont pendant quatre siècles réalisé des pièces de textile ajouré, chefs-d’œuvre de raffinement et de délicatesse.

Dès le début du XXe siècle, des démarches sont entreprises pour assurer la pérennité de ce « savoir-faire multiséculaire et inégalé ». Une école dentellière est ainsi fondée en 1902 par la chambre de commerce d’Alençon, et gérée en particulier par les religieuses de la Providence. La responsabilité de l’école revient à l’Association de l’École dentellière, association aussi appelée « Le Point d’Alençon » à partir de 1965.

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