Patrimoine Normand

Guillaume le Bâtard – La Trêve de Dieu

Proclamée en 1047 à l’initiative de Guillaume le Bâtard et de l’Église normande, la Trêve de Dieu marque une étape décisive dans la pacification du duché. Après les troubles de la révolte de Bayeux et la victoire du Val-ès-Dunes, elle consacre l’autorité retrouvée du jeune duc sur une Normandie désormais placée sous le signe de la paix ducale.

Le Plessis-Grimoult, le château que Grimoult n’atteint jamais. Maquette au 1/150e, réalisée par Françoise Boutet. Etat au milieu du XIe siècle musée de Normandie, Caen.

Le Plessis-Grimoult, le château que Grimoult n’atteint jamais. Maquette au 1/150e, réalisée par Françoise Boutet. Etat au milieu du XIe siècle musée de Normandie, Caen. (© Thierry Georges Leprévost)

Mis à jour le 28 mai 2026 à 11:44 Par
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Dans sa fuite éperdue vers le sud-ouest, Grimoult chevauche avec l’énergie du désespoir. L’impitoyable chasseur se retrouve à présent dans la position du gibier traqué, pourchassé par la meute des troupes ducales. Cruel retour des choses ! S’il avait su… Mais il en a conscience : il est trop tard. Quoi qu’il puisse faire désormais, son destin s’est scellé ce jour sur le champ de bataille du Val-ès-Dunes. Le Val-ès-Dunes, le linceul de tant de braves morts au combat. Le Val-ès-Dunes qui déjà se referme sur leurs cadavres ensanglantés, meurtris, dépecés par le glaive. Pendant toutes ces heures, Grimoult s’est démené. Il a estoqué, taillé à rompre son épée, en vain !

Sa monture écumante, épuisée, ruisselante de sueur et de sang, peut à peine porter son propre poids. Alors, son cavalier bardé de fer, alourdi par la broigne aux mailles éclatées sous les coups reçus ! Pour lui, tout est perdu, à moins… À moins qu’il n’atteigne avant la nuit son nid, sa bauge, son antre, accroché au flanc du Mont-Pinçon, tout là-bas à l’horizon, au tréfonds de la dense cuirasse de verdure qui tapisse la muraille naturelle de son fief. Contre l’orgueilleuse forteresse du Plessis, un repaire inexpugnable ceinturé de pierre tout comme le château de Falaise, ses ennemis se casseront les dents, tels des chiens sur un fer de lance !

La chapelle de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle à Esson (Calvados).

La chapelle de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle à Esson (Calvados). (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Mais pour y parvenir, pour regagner ce havre, il lui faut franchir la rivière.
Les hommes de Guillaume le savent bien, qui le poursuivent, lui, le parjure, le traître à son duc, le félon. Comme plusieurs gués sont possibles, les chevaliers vainqueurs se sont divisés pour multiplier les chances d’atteindre la proie de cette terrible chasse à courre.

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