Le Val de Saire
À l’extrémité du Cotentin, le Val de Saire offre un visage original où se mêlent paysages maritimes, campagnes verdoyantes et mémoire des anciens navigateurs du Nord. Installés sur ces côtes il y a près de onze siècles, les Vikings y ont laissé une empreinte durable, encore perceptible dans de nombreux noms de lieux.
La plateforme sommitale du phare permet de jouir d’un extraordinaire panorama sur le Val de Saire. Cette vue prise vers le Nord permet de voir l’ensemble de la pointe de Barfleur. Le village de Gatteville est au fond à droite. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)
S’avançant au milieu des flots – l’Atlantique à bâbord et la Manche à tribord – la Presqu’île du Cotentin forme la proue de la Normandie. Terre riche de paysage naturels splendides et d’un patrimoine monumental particulièrement abondant, c’est une partie originale et « îlienne » de notre région, bordé par la mer sur trois côtés et les « marais » au sud. Elle est constitué de plusieurs terroirs qui ont, eux aussi, une personnalité bien marquée. On y pénètre en venant de Carentan, en passant par le Plain, et on atteint Valognes et le Valognais ; la petite cité, meurtrie par les bombardements de 1944, présente encore de beaux hôtels particuliers et la verte campagne l’entourant est riche en beaux châteaux et manoirs. Là, on est aux abords du Val de Saire formant la partie nord-est de ce « bout de la Manche ». Alors qu’à l’opposé, au nord-ouest, la Hague forme une péninsule splendide et sauvage, landes et granits battus par les vents et les flots tumultueux, le Val de Saire est un terroir verdoyant et paisible.
La Saire, coulant d’ouest en est et se jetant dans la Manche entre Barfleur et Saint-Vaast, irrigue ce terroir où son cours paresse tranquillement, et donne son nom à cette petite région. Lorsque les Vikings abordèrent les côtes du Val de Saire il y a près de onze siècle, ils avaient tout d’abord reconnu les passes, les écueils et les havres hospitaliers ; ils vont donner des noms à tous les lieux côtiers de la bordure maritime avant de s’enfoncer dans l’intérieur. Et, tout d’abord, une saillie rocheuse attire leur attention : la pointe de Saire qu’ils appellent Sarnes (pron. Sarnèss). On retrouve la finale (qui signifie « cap » ou « pointe de terre » en scandinave) dans le Nez de Jobourg ou le Nez des Voidries (dans la Hague). De l’installation des Vikings dans cette contrée jusqu’à la fin de l’époque ducale cette contrée va prendre le nom de Sarnes, c’est encore ce nom que l’on trouve dans le douaire de la duchesse ; Judith pour désigner ce terroir. Il ne deviendra Val de Saire que dans le courant du Moyen Âge, lorsque les Vikings seront plus agriculteurs que marins.
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