Patrimoine Normand

Viaduc de la Souleuvre

Dominant les gorges de la Souleuvre au cœur du Bocage virois, le viaduc de la Souleuvre fut longtemps l’un des plus remarquables ouvrages d’art ferroviaires de Normandie. Construit à la fin du XIXᵉ siècle pour relier Caen à Vire et Granville, il traversa guerres, polémiques et menaces de destruction avant de disparaître en 1970. Son souvenir demeure pourtant indissociable de ce paysage spectaculaire où nature et aventure se rejoignent aujourd’hui.

Le viaduc au cœur de la vallée de la Souleuvre.

Le viaduc au cœur de la vallée de la Souleuvre. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Mis à jour le 4 juin 2026 à 12:55 Par
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La vallée de la Souleuvre réunit tous les décors du Bocage Normand, une succession de collines, de près et de prairies entourés de haies touffues se laissaient traverser par de ravissants ruisseaux et rivières, sans oublier les pommiers et les vaches normandes. Dans cette campagne verdoyante à souhait, de nombreuses couleurs printanières s’harmonisent jusqu’à la fin de l’été pour virer aux teintes chaudes des bruns, rouges et ocres de l’automne. Un superbe tableau impressionnistes vous est offert sur le fond de tranquillité.

C’est dans cette variation de paysages successifs que le viaduc de la Souleuvre fut construit sur les deux communes de la Ferrière-Harang et de Carville pour les besoins du Chemin de Fer. Par arrêté ministériel datant du 20 août 1881, il était annoncé aux populations du Bocage que le tracé de la ligne ferroviaire reliant Vire, Saint-Lô à Caen, devait franchir la profonde vallée de la Souleuvre au moyen d’un viaduc métallique, entre les villages de la Guérinière (côté Carville) et du Bosq (côté de la Ferrière-Harang), Caen allait maintenant être relié à Granville (132km), via Vire, en… 4h. Cette ligne se confondait avec celle de Cherbourg, puis tournait au sud-ouest en remontant la vallée de l’Odon. Elle desservait tout d’abord le sud-ouest de la plaine de Caen, puis le Bocage Virois. La ligne de chemin de fer fut ouverte le 12 novembre 1893 au grand bonheur de la population.

Viaduc de la Souleuvre.

Viaduc de la Souleuvre. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Le viaduc fut édifié selon les procédés utilisés par Gustave Eiffel pour la fameuse Tour, il avait une longueur totale de 364,20 m, pour une hauteur de 62,50 m et reposait sur 5 piles en maçonnerie brute, avec parement en moellons à bossage. Les hauteurs de ces piles imposantes, varient de 26 à 60 m, la base est de 18 m sur 8 et le sommet de 7 m sur 4. Les pierres de taille, 350 kg de granit chacune, 14 000 m² au total, ont été tiré des carrières de granit de la région de Vire et le sable nécessaire au mortier provient des Îles Chausey.

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