Patrimoine Normand

Pont-l’Évêque

Fortement touchée lors de la Seconde Guerre mondiale, la ville de Pont-l’Évêque a perdu une grande partie de son patrimoine, tant architectural qu’écrit. Heureusement, des initiatives actuelles tendent à la recherche de ce passé disparu et à la valorisation du patrimoine encore en place. Une architecture de reconstruction qui s’intègre assez bien au bâti ancien, des richesses encore intactes malgré les destructions, un paysage très agréable, donnent à cette ville un charme certain, que de nombreux touristes viennent apprécier.

Pont-l'Évêque – Le quartier de Vaucelles, en allant vers Caen.

Pont-l’Évêque – Le quartier de Vaucelles, en allant vers Caen. (Photo Eric Bruneval © Patrimoine Normand)

Mis à jour le 28 mai 2026 à 10:26 Par
Partager :

Les témoignages anciens

Pont-l’Évêque constitue depuis l’Antiquité un nœud de communication terrestre et fluvial. Deux voies antiques s’y croisent et elle est à la confluence de plusieurs cours d’eau (la Touques, l’Yvie, la Calonne et le canal Bréban). Pont-l’Évêque a donc constitué un lieu de passage important et une traversée de rivière aisée, et l’est encore de nos jours (malgré l’autoroute située non loin de là).

Ce rôle de carrefour s’explique par la configuration du site, jonction d’étroites vallées encaissées, coupant les plateaux du pays d’Auge. Il s’agit d’autre part d’un des rares endroits pas trop marécageux de la région. Le site était donc l’un des plus accueillants pour la circulation des voyageurs, et aussi pour l’installation d’habitants. Des travaux effectués à la reconstruction des ponts, en 1951, ont permis de mettre au jour, en deux endroits différents, des dalles qui auraient constitué des passages à gué de la rivière sur le tracé d’une voie antique. Cependant rien ne permet de dater sûrement ces plaques. Ces dalles, de 1 m x 1 m et de 30 à 35 cm d’épaisseur, étaient situées à 3,95 m sous le niveau du sol de 1944 (qui est situé bien en-dessous du niveau actuel, il fut en effet rehaussé à la reconstruction pour éviter les inondations lors des crues de la Touques).

Le quartier Vaucelles. Maison divisée en deux, en partie restaurée.

Le quartier Vaucelles. Maison divisée en deux, en partie restaurée. (Photo Eric Bruneval © Patrimoine Normand)

Un second indice de l’occupation humaine à la période romaine sur le site de Pont l’Évêque provient des fouilles effectuées dans les années 1950. Un pavage antique a en effet été découvert lors de la reconstruction entre l’église Saint-Michel et la rue Saint-Michel, à savoir sur l’îlot vraisemblablement à l’origine de la ville. Pont l’Évêque n’est cependant citée dans aucun ouvrage antique et n’est connue par aucune inscription (borne, dédicace d’un temple ou tombeau). La première mention d’une quelconque occupation humaine à Pont l’Évêque (hameau ou « bourg ») n’apparaît qu’au XIe siècle dans un récit d’Orderic Vital, moine à Saint-Évroult. Celui-ci nous rapporte que l’évêque de Lisieux, Hugues d’Eu, à la suite d’un malaise, décéda à la sortie de Pont l’Évêque, au lieu-dit « Croix Brisée ». Cet événement fut considéré comme à l’origine du nom de la ville, on supposa aussi que la possession de la ville par l’évêque entraîna la dénomination de celle-ci « Pont l’Évêque » (aussi en raison de son rôle de traversée de rivière).

Il vous reste 85 % de l’article à lire.

Accédez à l’article complet et plus encore

Pour lire cet article publié dans Patrimoine Normand n°20 en intégralité, vous pouvez acheter le numéro en version papier ou numérique.

Abonnement : en vous abonnant, vous recevrez les prochains numéros en version papier directement chez vous.

NOS DERNIÈRES PARUTIONS