Caen – Un patrimoine remarquable
Sévèrement éprouvée par les bombardements de 1944, Caen a pourtant conservé une part essentielle de son héritage architectural. Entre château ducal, abbayes et quartiers anciens préservés, la cité de Guillaume le Conquérant offre encore aujourd’hui un patrimoine remarquable. Cette promenade invite à redécouvrir l’un de ses secteurs les plus attachants : le quartier de Saint-Étienne-le-Vieux et de la rue Écuyère.
Clochers de l’église Saint-Sauveur-du-Marché (à gauche) et de l’Abbaye-aux-Hommes (à droite) – Caen. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)
Que reste-t-il de tout ce patrimoine ?
Caen, seconde grande cité normande, créée et favorisée par Guillaume le Conquérant, parfois appelée « l’Athènes normande », en raison de sa vie intellectuelle et de son Université remontant au Moyen Âge ainsi que son château comparé à une acropole – a été très durement bombardée en 1944. Trop rapidement, pour ceux qui la connaissent mal, Caen est une ville neuve que l’on associe trop souvent au Havre ou à Saint-Lô. Jugement bien trop hâtif et qui ne correspond pas à la réalité. Le bombardement de 1944 (début juin, puis début juillet), s’il fut terrible, toucha essentiellement les faubourgs nord de la ville et ce qu’on appelle « l’Île Saint-Jean » ainsi que le quartier de la gare. Mais à part « l’Île Saint-Jean », complètement rasée, les quartiers historiques furent relativement épargnés.
La ville ancienne s’était constituées sur deux axes. Au pied du château, entre l’église Saint-Pierre, à l’est, et l’église Saint-Étienne-le-Vieux, à l’ouest, fut établi la première « ville close », le Bourg-le-Roi, fondé par Guillaume le Conquérant, duc puis roi, qui l’entoura de remparts vers 1060. Cette cité de forme rectangulaire s’allonge au nord de l’Odon et le bras du Petit Odon la traverse. Cette cité ducale et royale est encadrée par les deux fondations monastiques :
Caen entre 1620 et 1655, d’après une gravure de Gomboust publiée dans la « Topographia Galliae » de Merian. Nous voyons nettement le château et le Bourg-le-Roi qui s’étend entre l’église Saint-Pierre (1) et l’église Saint-Étienne-le-Vieux (4), le Bourg l’Abbé (22) à l’ouest, le Bourg l’Abbesse (11 et 13) et à l’est l’Île Saint-Jean (27) derrière ses remparts. Nous avons teinté en bleuté ce qui a été détruit en 1944. Le patrimoine conservé reste considérable malgré les destructions. (© Patrimoine Normand – Archive Municipale de Caen)
– L’Abbaye-au-Hommes à l’Ouest, fondée par Guillaume le Conquérant, et ses dépendances formant le quartier Bourg-l’Abbé ; L’Abbaye-aux-Dames à l’est, fondée par Mathilde, et ses dépendances formant le quartier Bourg-l’Abbesse. Au sud de l’église Saint-Pierre s’étendait une vaste île, en partie marécageuse, enserrée par le cours de l’Orne et celui de l’Odon : ce sera l’Île Saint-Jean. Un nouveau quartier se développera là autour de l’église Saint-Jean, dont le clocher s’inclinera d’ailleurs en raison du sol moins stable. Ce nouveau quartier ne sera entouré de murailles que vers la fin du Moyen Âge.
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