Renaissance du vin en Normandie

Depuis une trentaine d’années, la viticulture renaît en Normandie. La région compte désormais environ 90 viticulteurs, répartis sur une centaine d’hectares de vignes, dont une majorité est déjà en production. Les plantations progressent dans les cinq départements. Les sols calcaires, crayeux, schisteux ou limoneux de la région offrent une grande diversité de terroirs, permettant d’élaborer des vins variés.

Depuis les années 1990, la viticulture renaît en Normandie. Ces dernières années, les installations se sont multipliées, permettant de recréer le vignoble normand.

Depuis les années 1990, la viticulture renaît en Normandie. Ces dernières années, les installations se sont multipliées, permettant de recréer le vignoble normand. (© Arpents du soleil)

Mis à jour le 16 septembre 2026 à 13:57

La jeune filière normande se distingue par une approche très expérimentale. Les domaines associent cépages traditionnels, comme le pinot noir, le chardonnay ou le sauvignon, et cépages résistants, afin de limiter les traitements phytosanitaires. Les productions privilégient des volumes modestes et une recherche de qualité, avec une majorité de vins blancs et effervescents, mais aussi des rouges, des rosés et quelques cuvées de macération. Ces dernières années, la filière se structure. Depuis 2022, l’Association des Vignerons gère l’animation et le développement de la filière, tandis que le Syndicat Viticole Normand, créé en 2026, défend leurs intérêts professionnels (questions juridiques, foncières, etc.). Ensemble, ils œuvrent à la création d’une IGP Vin de Normandie.

Les Arpents du Soleil : aux origines d’une renaissance

Créé en 1995 par Gérard Samson, le domaine des Arpents du Soleil constitue le véritable laboratoire de la renaissance viticole normande. Implanté sur les coteaux de Grisy, près de Saint-Pierre-sur-Dives, dans un secteur historiquement viticole, il s’inscrit dans un terroir dont les archives médiévales attestent l’existence d’un vignoble. La colline figure sur les registres de la cour de France à l’époque de Philippe le Bel et, au XVIIIe siècle, la carte de Cassini y mentionne encore « la maison du vigneron ».

Le site bénéficie d’un contexte géologique et climatique particulièrement favorable. Son sous-sol repose sur les calcaires bathoniens, comparables à ceux de la Côte de Beaune. Son exposition sud-est, associée au microclimat créé par le relief de la Suisse normande, favorise la maturation des raisins. Après une première phase expérimentale, menée avec l’appui du ministère de l’Agriculture, le vignoble s’étend progressivement jusqu’à atteindre 6,6 hectares en 2015, principalement plantés en pinot noir et auxerrois.

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