Patrimoine Normand

Guillaume le Bâtard – Rivalités familiales

À peine son autorité affermie, Guillaume doit encore faire face aux complots des Richardides, aux trahisons de certains grands vassaux et aux ambitions des princes voisins. De Mortain à Arques, de Domfront à Alençon, le jeune duc impose peu à peu son pouvoir dans une Normandie encore divisée par les rivalités féodales.

Abbaye Blanche (cistercienne) de Mortain (fin XIIe, début XIIIe siècle).

Abbaye Blanche (cistercienne) de Mortain (fin XIIe, début XIIIe siècle). (Photo Thierry Georges Leprévost © Patrimoine Normand)

Mis à jour le 22 mai 2026 à 15:49 Par
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–  Seigneur Duc, en mettant mon épée à votre service, c’est ma personne tout entière que j’ai engagée auprès de vous. Aussi est-il de mon devoir de porter à votre connaissance d’étranges propos tenus par votre vassal, le comte d’Avranches et de Mortain.

Robert Bigot est un jeune chevalier, issu d’une famille modeste, mais valeureuse et fidèle. Guillaume vient de le recruter pour sa garde personnelle, sur les chaudes recommandations d’un membre de sa famille. Un peu agacé, il lui fait signe de poursuivre :
– Seigneur, voici quelques semaines, je me laissai aller à exprimer auprès du comte ma ferme intention de bientôt quitter sa mesnie1. Je voulais suivre les glorieuses traces des fils de Tancrède de Hauteville jusqu’en Pouille où j’espérais conquérir par les armes les terres qui m’eussent permis de vivre selon mon rang, mon extrême pauvreté me dissuadant de les acquérir en Avranchin. « Abandonne ce projet, me répondit le comte, car quatre-vingts jours ne se seront écoulés que tu pourras en Normandie faire main-basse sur tout ce qu’aujourd’hui tu convoites. » Voilà, seigneur, ce qu’il m’a dit et qui me trouble, car je ne sais qu’en penser.

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Notes

  1. Au XIe siècle, la mesnie est la maisonnée noble d’un seigneur, l’entourage qui gravite autour de lui, profite du renom de celui qui l’accueille et concourt à sa réputation.
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